Dans les CFA, les organismes de formation et les académies d’entreprise, la compétence se transmet d’abord au poste, par ceux qui la maîtrisent. Encore faut-il que la situation de travail devienne une situation d’apprentissage. Je forme vos formateurs, tuteurs et référents à concevoir et conduire des actions de formation en situation de travail (AFEST) qui tiennent, pédagogiquement et réglementairement.
Parlons de votre contexte : les métiers concernés, les formateurs et tuteurs en place, vos financeurs et vos échéances. Je vous dis par où commencer.
Dans la plupart des structures, la transmission au poste existe déjà. Un salarié expérimenté montre, l’apprenant reproduit, on corrige au fil de l’eau. Ça fonctionne parfois très bien, mais personne ne sait dire ce qui a été appris, ni comment, ni avec quelle fiabilité d’un tuteur à l’autre.
L’AFEST transforme cette pratique spontanée en action de formation. Elle ne demande pas de sortir les gens du travail : elle demande de l’analyser, de désigner quelqu’un pour accompagner, de prendre le temps d’y revenir et de vérifier ce qui a été acquis. C’est cette exigence, et non la situation de travail elle-même, qui fait la différence.
Reconnue par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, l’AFEST est encadrée par l’article D. 6313-3-2 du Code du travail, issu du décret n° 2018-1341 du 28 décembre 2018. Le texte pose quatre conditions, qui structurent tout dispositif.
Le repère à retenir : la situation de travail fournit la matière, la phase réflexive produit l’apprentissage. Une AFEST sans réflexivité organisée n’est que du travail accompagné.
Elles se repèrent à la conception et se corrigent facilement avant le lancement, beaucoup moins devant un financeur ou un auditeur.
On forme les formateurs là où ils exercent, sur leurs propres situations de travail, plutôt qu’en salle. Chaque temps correspond à une condition du cadre AFEST et produit un livrable que vos équipes réutilisent seules.
Avec vos experts, nous analysons l’activité réelle pour identifier les situations qui permettent d’apprendre, celles qu’il faut aménager et celles qui ne s’y prêtent pas.
Posture pédagogique, préparation d’une mise en situation, conduite du questionnement réflexif, évaluation des acquis. Les ateliers alternent avec des séances observées sur le poste, puis analysées en binôme.
Exemple : un formateur conduit une phase réflexive avec un apprenant après une intervention, pendant qu’un pair l’observe. Ils analysent ensuite ensemble les questions qui ont fait réfléchir et celles qui ont fermé l’échange.
Fiches de séquence, supports de phase réflexive, grilles d’évaluation : des outils simples, utilisables au poste, qui documentent chaque condition sans alourdir le travail.
Un premier parcours pilote met le dispositif à l’épreuve. Nous ajustons les outils et la posture des formateurs avant d’étendre le dispositif à d’autres métiers.
Chaque document découle du précédent : la cartographie des situations oriente la formation des formateurs, qui s’appuie sur le guide réflexif, lequel alimente les grilles d’évaluation et le dossier de traçabilité.
La traçabilité n’est pas une paperasse de plus. Bien conçue, elle sert d’abord au formateur pour suivre la progression, et seulement ensuite au financeur et à l’auditeur.
J’ai enseigné douze ans en CFA, au contact d’apprentis qui passaient l’essentiel de leur temps en entreprise. J’ai ensuite conçu à FERRANDI Paris une formation de formateurs adossée à l’AFEST, aujourd’hui déployée dans l’ensemble des écoles de la CCI Île-de-France. Je connais la distance entre ce que dit le texte et ce qui se passe au poste.
L’AFEST, action de formation en situation de travail, est une modalité de formation reconnue par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Le Code du travail (article D. 6313-3-2) en fixe les conditions : analyse de l’activité de travail, désignation préalable d’un formateur, phases réflexives distinctes des mises en situation et évaluations spécifiques des acquis.
Le tutorat accompagne une personne dans son intégration ou sa montée en compétences, souvent de manière informelle. L’AFEST est une action de formation au sens du Code du travail : elle suppose une situation de travail aménagée à des fins pédagogiques, des phases réflexives organisées et une évaluation des acquis, le tout tracé.
Le texte demande un formateur désigné à l’avance, capable d’exercer une fonction tutorale. Il peut s’agir d’un salarié expérimenté de l’entreprise ou d’un intervenant extérieur. Dans les faits, la qualité de l’AFEST repose sur sa capacité à conduire les phases réflexives, ce qui ne s’improvise pas.
Oui. C’est une action de formation à part entière, qui peut s’inscrire dans le plan de développement des compétences. Chaque OPCO fixe ses propres conditions de prise en charge, notamment pour les entreprises de moins de 50 salariés : elles sont à vérifier avant de lancer le dispositif.
Par la traçabilité de chaque condition : l’analyse du travail réalisée, la désignation du formateur, le contenu et la date des phases réflexives, les résultats des évaluations. Ces traces servent au financeur comme à un audit Qualiopi.
Références : loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 ; décret n° 2018-1341 du 28 décembre 2018 ; article D. 6313-3-2 du Code du travail.
Vous pouvez commencer par vos formateurs, par vos outils ou par un dispositif complet. Chaque format prépare le suivant.
Un cycle d’ateliers et de séances observées sur la posture, la mise en situation et la conduite des phases réflexives.
Un regard extérieur sur votre pratique actuelle au regard des quatre conditions, puis la conception des outils de traçabilité manquants.
De l’analyse du travail au parcours pilote, puis l’extension à d’autres métiers, avec vos formateurs formés en chemin.
Vous dirigez une école de cuisine, de pâtisserie ou d’hôtellerie ? Voir la démarche dédiée : Former vos chefs-formateurs.
Une situation de travail ne forme pas toute seule. Elle forme quand quelqu’un aide à y revenir.
Un premier échange suffit pour situer votre pratique actuelle et identifier ce qu’il faut sécuriser.